On avait cru à un coup de chance de festival. C'était en réalité le début d'un disque. Quand Angèle a surgi sans prévenir sur la scène d'Amelie Lens au festival Dour, en juillet dernier, personne dans la foule ne savait qu'elle chantait un titre encore inédit. « run » est sorti depuis le 7 août, et il confirme ce que la scène belge murmurait déjà : ces deux-là se cherchaient depuis longtemps.

Une voix de velours sur une frappe sèche

Le morceau ne cherche pas le compromis. Amelie Lens y déroule ce qu'elle sait faire mieux que quiconque : une percussion rapide, nerveuse, presque martiale, doublée de nappes de synthés aux allures de science-fiction. Par-dessus, Angèle pose un timbre feutré, retenu, qui refuse d'entrer dans la course. Le contraste fait tout le morceau. Là où beaucoup de collaborations pop-techno se contentent d'une voix posée sur un beat, « run » installe une vraie tension entre deux univers qui ne s'excusent jamais l'un pour l'autre.

Pour Angèle, c'est un pas de côté assumé. La chanteuse bruxelloise a bâti sa carrière sur une pop d'écriture, ciselée, souvent mélancolique. La voir s'aventurer dans un tempo de club, sans filet, dit quelque chose de sa curiosité : elle ne visite pas la techno en touriste, elle s'y installe.

Le seul featuring de « AURA »

Amelie Lens, elle, a été claire sur ses intentions. « run » est le seul morceau collaboratif de son prochain album, « AURA », attendu le 4 septembre sur son label EXHALE. La DJ et productrice anversoise, devenue en quelques années l'une des figures les plus identifiables de la techno européenne, explique que la voix d'Angèle était la seule qu'elle pouvait imaginer sur ce titre, se disant fan de longue date de sa compatriote.

Un seul invité sur tout un album, c'est une manière de dire que la rencontre valait le détour. Et pour une radio comme la nôtre, c'est surtout la promesse d'un morceau qui fonctionne aussi bien à trois heures du matin dans un club qu'en fin d'après-midi dans une voiture. Rendez-vous début septembre pour découvrir le reste de « AURA ».