On l'attendait depuis plus de dix ans, et il revient par la porte de derrière : celle d'un ranch de l'Utah plutôt que celle d'un stade. Brandon Flowers, voix et visage des Killers, a publié le vendredi 21 août son troisième album solo, « Thrasher », chez Island Records. Dix titres, quarante-deux minutes, et un virage assumé vers la country et l'americana qu'il écoutait enfant.

Nashville, RCA Studio A et une brochette de musiciens de légende

Le disque a été enregistré au mythique RCA Studio A de Nashville, avec deux producteurs qui ne font jamais rien comme tout le monde : Shawn Everett et Jonathan Rado. Autour de Flowers, on retrouve le guitariste David Rawlings, le pédale steel Bruce Bouton et l'harmoniciste Charlie McCoy – autant dire le carnet d'adresses rêvé pour qui veut sonner américain sans faire semblant.

Le résultat tient moins du pas de côté exotique que du retour aux sources. Flowers y raconte son enfance dans l'Utah, sa famille, les grands espaces et cette impression tenace d'être un garçon de province propulsé dans un monde trop grand. Il a d'ailleurs confié à la presse américaine avoir sérieusement envisagé d'arrêter la musique avant de trouver, dans ce répertoire-là, une raison de continuer.

Une tournée dès la rentrée

Pas question de laisser l'album vivre seul : Flowers a annoncé une série de dates en septembre et octobre, entre l'Amérique du Nord, le Royaume-Uni et l'Irlande. Des salles de taille humaine, un répertoire plus intime, et sans doute quelques classiques des Killers glissés au détour d'un rappel pour ceux qui seraient venus chercher « Mr. Brightside ».

Sur Vertige Radio, on aime les artistes qui osent changer de costume sans changer de voix. « Thrasher » en est un bel exemple : même sens de la mélodie ample, même goût du refrain qui prend de la hauteur, mais une guitare sèche et une pedal steel à la place des synthés. À écouter au coucher du soleil, idéalement en voiture.