On l'avait laissé du côté des expérimentations les plus abruptes, on le retrouve la guitare bien plantée dans le blues. Jack White a sorti le 10 juillet « Frozen Charlotte », son septième album studio, sur son propre label Third Man Records. Un disque enregistré à Nashville, au Third Man Studio, et entièrement produit par l'intéressé — ce qui, chez lui, est rarement anodin.
Retour aux fondamentaux
Le single d'ouverture, « Dollar Bill », donne le ton : riff épais, groove qui traîne un peu la patte, et cette saturation crasseuse dont l'ancien White Stripes ne s'est jamais vraiment débarrassé. Deux autres titres avaient précédé l'album, « G.O.D. and the Broken Ribs » et « Derecho Demonico », suffisamment pour comprendre que la direction serait plus organique que sur ses précédents essais.
Le titre de l'album fait référence aux « frozen charlottes », ces petites poupées de porcelaine du XIXe siècle qu'on retrouve encore enfouies dans les sols américains. Une image qui colle plutôt bien à une musique qui déterre en permanence de vieilles formes pour les remettre en circulation.
L'objet compte autant que le disque
Fidèle à sa réputation de maniaque du vinyle, White a accompagné la sortie d'un déploiement d'éditions : vinyle noir, variantes colorées en tirage limité, CD et même cassette. Chez Third Man, l'objet physique n'a jamais été un accessoire marketing mais une partie du geste artistique — et « Frozen Charlotte » ne déroge pas à la règle.
Dans un été 2026 largement dominé par la dance, la pop et les grands retours de stade, ce disque rappelle qu'un blues rock joué à l'ancienne, avec des amplis qui chauffent et un minimum d'artifices, garde une puissance intacte. Sur Vertige Radio, on aime tous les styles — et celui-là a le mérite de ne ressembler à personne d'autre.
