On l'attendait depuis 2020. Le voilà. Reality Awaits, septième album de The Strokes, est sorti le 24 juillet chez Cult Records / RCA. Six ans après The New Abnormal, le groupe new-yorkais qui a redéfini le rock du début des années 2000 remet le couvert — et cette fois, c'est Rick Rubin qui tient la barre de la production.

Neuf titres, aucun remplissage

Pas d'album fleuve ici : neuf chansons, point final. « Psycho Shit », « Dine N'Dash », « Lonely in the Future », « Falling out of Love », « Going to Babble On », « Going Shopping », « Liar's Remorse », « The Fruits of Conquest » et « Tyrants of the Mellow Moon ». Des titres à l'humour un peu de travers, fidèles à l'esprit du groupe, sur des morceaux qui n'hésitent pas à partir dans des directions inattendues.

Car c'est bien là le sujet : Reality Awaits ne rejoue pas Is This It. La presse est partagée, ce qui est plutôt bon signe. Le Guardian y voit l'un de leurs disques les plus solides depuis des années, Rolling Stone parle d'un album « palpitant » et parfois « carrément bizarre », tandis que d'autres restent plus réservés sur les choix de production et le traitement de la voix de Julian Casablancas. Le score critique agrégé tourne autour de 70 / 100 — un accueil honorable pour un groupe dont chaque sortie est pesée à l'aune d'un premier album devenu mythique.

Un vendredi de sortie chargé

Le timing, lui, a de quoi faire tourner la tête : The Strokes ont débarqué le même jour que Charli XCX et Tyla, faisant du 24 juillet l'un des vendredis les plus denses de l'année. Trois univers radicalement différents — club-pop, amapiano, rock de garage new-yorkais — qui se partagent les playlists de découverte.

Pour ceux qui ont grandi avec « Last Nite » ou « Reptilia », ce retour a valeur de retrouvailles. Pour les autres, c'est une bonne porte d'entrée vers un groupe qui, vingt-cinq ans après ses débuts, continue de faire des disques sans regarder par-dessus son épaule.