Dans moins d'un mois, le Empire Polo Club d'Indio — le terrain qui accueille chaque printemps le festival de Coachella — sera reconverti en cathédrale de la musique électronique. Les 10 et 11 octobre, Goldenvoice y organise Head Trip, un rendez-vous présenté d'emblée comme un événement unique, sans seconde édition prévue. Une promesse rare dans un paysage où les festivals cherchent d'abord à durer.
Le pari du plateau unique
La formule constitue le vrai argument de l'affiche. Une seule scène, aucun set en chevauchement : le public ne choisira jamais entre deux artistes, ce qui reste l'un des dilemmes les plus frustrants des grands festivals. Sur le papier, le programme n'a rien à envier aux plus grosses affiches européennes. Le samedi fait la part belle à Calvin Harris, à Under Construction — le projet commun de Chris Lake et Fisher —, à Peggy Gou en back-to-back avec Four Tet, et au tandem Ben Sterling / Seth Troxler. Le dimanche appartient à Swedish House Mafia et Skrillex, avec Dom Dolla b2b Kettama, The Blessed Madonna et l'increvable DJ Harvey en soutien.
Ce panachage dit quelque chose de l'époque. On y croise la house mainstream la plus efficace, la techno de club, la deep house contemplative et les DJ sets légendaires des années 1990. Là où la programmation électro se segmentait autrefois par chapelles, Head Trip assume le mélange et parie que le public d'aujourd'hui passe sans effort d'un registre à l'autre.
Le son comme attraction principale
Autre curiosité, et pas des moindres : le festival accueillera les premiers pas américains du Sunflower Sound System, un dispositif conçu par le producteur britannique Floating Points. Installé sous un dôme ouvert pendant tout le week-end et habillé de tapisseries et d'œuvres signées Josephine Chime, il fonctionne comme un espace parallèle où la qualité de diffusion devient l'attraction elle-même.
La démarche est symptomatique : après une décennie d'escalade visuelle — écrans géants, pyrotechnie, structures monumentales —, une partie de la scène électronique revient à l'essentiel, c'est-à-dire l'écoute. Deux jours, une scène, un système son d'exception : le programme tient en une ligne, et c'est probablement sa plus grande force.
De quoi nourrir les playlists de Vertige Radio pendant tout l'automne.
